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Lourdes 2009 : Dieu est venu me prendre par la main

Le hasard a voulu que le journal La Croix publie dans son édition du 8-9 décembre 2012 le récit de conversion d’une mère de famille qui était venue au rassemblement de Lourdes en 2009. Superbe et touchant

Itinéraires de foi

recueilli par Loup Besmond de Senneville

Martine Lavaur, 53 ans, experte en risques psychosociaux

« C’était à Lourdes, en 2009. Je participais à un grand rassemblement autour de la figure d’Ignace de Loyola. J’avais connu la Compagnie à travers le lycée de mes deux filles, tenu par les jésuites. J’avais beaucoup hésité avant d’y aller, et puis l’une de mes proches amies, Monika, m’a finalement convaincue de l’accompagner là-bas. J’y avais emmené ma mère. En assistant à l’une des messes, je me souviens m’être sentie bien, et surtout totalement à ma place. La foi est arrivée par le cœur. Dieu est venu me prendre par la main. Comme Moïse face au buisson ardent, je lui ai répondu : “Me voici”. Je pense que j’ai toujours cru en Dieu, mais je ne ressentais pas son amour. Au retour, j’ai commencé à retourner à l’Église, dont je m’étais éloignée à 16 ans, après avoir été élevée dans une famille où l’on n’allait jamais à la messe. Et puis une vie à Paris et à l’étranger, deux mariages, deux divorces, ne m’avaient pas vraiment encouragée à y revenir. Ce que j’apprends avec cette conversion, c’est la confiance. Ce n’est pas une tâche facile pour moi qui aime tout maîtriser, qui ai beaucoup de mal à déléguer à mes collaborateurs, par exemple. Dans ma vie, j’ai souvent voulu que tout aille très vite : je me suis mariée à 20 ans, j’ai créé une entreprise à 25. La foi m’a fait découvrir la patience, et j’ai compris que le temps de Dieu n’est pas le temps des hommes.

"Ce que j’apprends avec cette conversion, c’est la confiance."

Quand vous vous convertissez, 90 % des gens vous disent que vous agissez ainsi parce que vous êtes malheureux. Certains amis m’ont même dit que j’allais finir par entrer au couvent. Mais ce sont les mêmes qui me confient aujourd’hui des intentions de prières lorsque quelqu’un va mal autour d’eux. Je porte certaines d’entre elles lors de la “prière des mères”, à laquelle je participe régulièrement, et où nous confions tout particulièrement les enfants et les familles. Je suis très aidée dans ma prière, aussi, par la place du rite, dans la religion catholique. Les symboles ne me font pas peur, peut-être parce que ma formation initiale, la psychologie, leur accorde beaucoup d’importance. Ils constituent pour moi des repères, qui, au contraire, me rassurent. Lorsque je prie, chez moi, j’allume une bougie, un peu d’encens, et je m’ouvre à Dieu. La foi a donné un sens à ma vie. J’ai toujours essayé de la mener avec des valeurs morales, celles héritées de mon père, qui ne croyait pas en Dieu mais était l’homme le plus droit que j’ai jamais connu. Maintenant que je crois, j’ai un fil conducteur : je tâche de considérer la confiance et l’amour infini de Jésus-Christ. »

Source : journal La Croix, du 8-9 décembre 2012

www.la-croix.com