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"Je suis nouveau mais je me soigne" Ginette

Portrait du nouveau directeur de Sainte-Geneviève à Versailles... croqué par Mme Jubin qui inaugure ainsi la rubrique "bloc-notes" qu’elle animera régulièrement


Les premiers articles du "bloc-notes" seront consacrés à la présentation des nouveaux membres du réseau Ignace- Education. Le premier de la série n’est autre que le directeur général de Sainte-Geneviève (Ginette). Toute une carrière dans l’entreprise, Jean-Noël Dargnies a dirigé de nombreuses équipes dans l’industrie. Ingénieur des Mines, ancien élève des Jésuites de Franklin puis de Ginette, c’est à d’autres équipes qu’il a affaire aujourd’hui.


Isabel Jubin : « Jean-Noël, il y a quelques années, tu avais 18 ans et tu faisais ta rentrée en classe prépa à Ginette . Aujourd’hui c’est toi qui accueilles la nouvelle promotion 2010-11, qu’as-tu ressenti ? Le passé est-il venu s’interposer comme un écran ? »

Jean-Noël Dargnies : « Ce fut un moment très favorable que j’ai vécu comme un enchantement. Je l’ai dit aux élèves, ce fut comme une sorte de grâce. Comme le disait le poète allemand, H. Hesse, « … dans chaque commencement il y a un enchantement » A aucun moment la passé ne s’est interposé, au contraire il m’a aidé à mieux choisir les mots. Je me revoyais à ce moment si important et en quelque sorte, je me parlais à moi-même.

IJ : D’avoir vécu dans ces murs t’ a-t-il aidé à te repérer plus vite ?

JN D : Certainement. Géographiquement d’abord. Même si beaucoup de choses ont été construites depuis lors. Et surtout, je connaissais le vocabulaire propre à l’école

IJ : On peut dire en somme que tu connaissais le langage de la tribu ! As-tu reconnu quelque chose de toi en eux ?

JND : J’ai retrouvé les traits de leur âge et de toutes les générations : l’enthousiasme, la spontanéité, la confiance dans les adultes ; Pas de distance, pas de regards fuyants. Ce que j’ai perçu, je l’avais vécu.

IJ : De ton temps, on commençait par bizuter les élèves, on ne les accueillait pas. Comment as-tu vécu ce changement durant la semaine d’accueil ?

JND : Très sincèrement comme un immense progrès. Le bizutage n’était pas respectueux des personnes, surtout des plus faibles. Certes beaucoup s’amusaient. Certains trouvaient cela spirituel. Mais je trouve la dynamique de l’accueil d’aujourd’hui beaucoup plus efficace. L’objectif premier de la connaissance mutuelle, celle de toute la classe, sa cohésion, pleinement rempli. Mais aussi l’approche de la co-responsabilité, de la solidarité , celle des « anciens » ! Le bizutage ne créait pas de cohésion ; je ne connaissais pas la moitié de mes camarades le jour du premier cours. Je loue l’évolution qui a été faite. J’ai beaucoup ri à différents moments : à la parade à Jambville, J’ai aimé le coucher du Z. Tout ce côté bon- enfant .

IJ : De l’entreprise à l’école, le saut est grand ; par ailleurs ce nouvel engagement a supposé un temps privilégié dans ton parcours de vie, une inflexion , un virage à 90 degrés. Comment l’as-tu vécu et comment l’analyses–tu aujourd’hui ?

JND : J’ai beaucoup appris aux différentes étapes de ma vie professionnelle. Mais à un certain moment, j’ai eu le désir d’un engagement différent, sans pour autant renier les précédents. Dans l’entreprise, j’ai puisé beaucoup de choses mais je voulais construire autre chose. Cette nouvelle responsabilité, je l’ai choisie et j’ai été choisi. Elle correspond à quelque chose de très cohérent avec ma trajectoire de vie, avec différentes composantes qui m’ont nourri parallèlement ! Les engagements dans les conseils d’administration des établissements Jésuites, mes responsabilités à l’URIF. Toutes ces composantes se regroupaient pour rendre cohérent ce projet avec ce que j’étais complètement. Et j’en suis très heureux.

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