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Autorité et obéissance

Suite de notre exploration du Hors-série Christus sur la pédagogie ignatienne avec ce quatrième article sur l’autorité et l’obéissance

Pour en savoir plus sur le Hors-Série Christus

Voici trois paragraphes tirés de l’article de Michel Fédou. Ils permettent de questionner ces concepts fondamentaux d’autorité et d’obéissance en leur apportant un éclairage biblique.

Extrait de l’article de Michel Fédou, "Autorité et obéissance", Christus n°230 HS, p. 102-104.


Michel Fédou est jésuite, théologien au Centre Sèvres, facultés jésuites de Paris. Il était intervenu en 2010 sur la pédagogie du Christ lors de l’assemblée générale d’Ignace - Education. Pour lire sa conférece


Le sens des mots

Autorité, obéissance : ces mots évoquent des relations qui tiennent une place essentielle dans la vie familiale ou professionnelle, et plus largement dans la vie de toute société. Le monde scolaire est l’un des lieux où ces relations sont le plus directement engagées - et à des échelons d’ailleurs divers : autorité des chefs d’établissements, des responsables qui travaillent sous leur direction, des enseignants eux-mêmes ; obéissance des élèves, mais aussi de leurs maîtres et de tous ceux qui dépendent d’un responsable hiérarchique... De tels rapports sont reconnus comme nécessaires, mais ne sont pas aisés à mettre en œuvre en des temps où ni l’autorité ni l’obéissance ne semblent aller de soi.

  • Spontanément, quelles sont à mes yeux les meilleures définitions de l’autorité et de l’obéissance dans le monde scolaire ?
  • Quels liens est-ce que je fais entre autorité et obéissance ?
  • Quels exemples puis-je donner de ces "temps où ni l’autorité ni l’obéissance semblent aller de soi" ?

Qu’est-ce que l’autorité ?

Rappelons-nous le sens du mot latin auctoritas, d’où vient le français « autorité » : il dérive d’un verbe qui signifie « faire croître ». L’autorité bien comprise n’a donc rien à voir avec l’autoritarisme, elle est plutôt cette disposition qui favorise la croissance d’une autre personne (par le savoir qu’on lui communique, mais plus encore par la confiance qu’on lui fait, par la manière dont on l’éveille au sens de sa propre responsabilité). À travers cela s’exprime le souci de l’autre : on attend précisément d’un responsable qu’il soit désintéressé et que, loin de penser d’abord à lui-même, il soit avant tout habité par la préoccupation de ceux et celles qui lui sont confiés - et cela en vue de leur croissance. D’un tel responsable on pourra dire : il en impose par sa seule présence, il fait vraiment autorité.

  • Comment est-ce que l’étymologie latine du mot autorité éclaire-t-elle ma pratique ?
  • Un responsable, loin de penser à lui-même, doit d’abord se soucier de l’autre : en ai-je déjà fait l’expérience de la part d’un responsable à mon égard ?
  • Qu’est-ce qui, selon mon expérience, fait autorité ?

L’éclairage de Jésus

L’« autorité » de jésus est paradoxalement liée à sa propre « obéissance » envers le Père. Encore doit-on préciser de quelle « obéissance » il s’agit. Sauf exception, le Nouveau Testament ne l’exprime point par le vocabulaire de la « soumission », mais par le terme hypakoè qui est composé à partir du verbe akouein, « écouter ». L’obéissance de Jésus implique donc d’abord l’écoute. Certes, elle ne se limite pas à cela, car le Fils de Dieu ne se contente pas d’entendre la volonté de son Père, il la met lui-même en pratique. Mais tout ce qu’il dit et fait s’enracine dans l’écoute de Celui qui l’a engendré et dans la communion avec lui : « Le Fils ne peut faire de lui-même rien qu’il ne voie faire au Père ; ce que fait celui-ci, le Fils le fait pareillement » (Jn 5,19). L’« autorité » de Jésus a donc pour source son obéissance qui est en fait l’expression de son amour pour le Père. Bien plus, le Nouveau Testament révèle que cette obéissance de Jésus est comme telle chemin du salut : c’est « par l’obéissance d’un seul, écrit Paul, que la multitude sera rendue juste » (Rm 5,19).

  • Obéissance : se soumettre ou écouter ? Comment cette alternative tirée des évangiles fait-elle bouger ma conception de l’obéissance ?
  • Écouter et mettre en pratique : telle est l’obéissance de Jésus. Est-ce que j’attends une obéissance analogue chez les autres, notamment chez les élèves ?
  • L’autorité a pour source l’obéissance : ce que Michel Fédou dit de la manière de vivre et d’agir du Christ peut-elle aussi devenir la mienne ?