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Accompagner, pilier de la pédagogie ignatienne

Nous continuons notre exploration du Hors-série Christus sur la pédagogie ignatienne. Certes c’est une manière de vous mettre l’eau à la bouche ! Mais plus sérieusement, c’est surtout une façon de nous mobiliser les uns les autres pour nous approprier notre tradition éducative pour mieux accomplir la mission qui nous a été confiée.

Pour en savoir plus sur le Hors-Série Christus

Voici trois petits paragraphes d’un article du Père Denis Delobre sj sur l’accompagnement. L’extrait se situe en fin de l’article où l’auteur résume en quelques lignes "les attitudes très concrètes qu’exige de nous une méthode d’accompagnement". L’auteur en souligne trois qui lui semblent plus capitales que les autres. Ce sont ces trois exigences que nous présentons ci-dessous. Nous faisons suivre chacune de quelques questions pour aider à une assimilation personnelle de ce qui est dit.

Extrait de l’article de Denis Delobre, "Accompagner. Pilier de la pédagogie ignatienne", Christus n°230 HS, p.88-94.


Denis Delobre est jésuite et membre de l’équipe du CEP-Ignatien depuis de nombreuses années. Spécialiste reconnu de la spiritualité et de la pédagogie ignatienne, le Père Delobre intervient régulièrement pour introduire jeunes et anciens à la spécificité d’une pédagogie qui s’enracine d’abord dans une expérience spirituelle.


L’écoute et l’accueil de tout ce qui peut sortir du cœur de l’accompagné.

Ce « matériau », parfois déballé sans précautions, peut nous surprendre, voire nous heurter et nous faire frémir. Il est pourtant ce qui est déposé dans le cœur de celui ou celle que nous accompagnons, et qui parfois l’étouffe. Il faut bien que ce soit lui qui sorte, puisque c’est lui qui est là. C’est aussi le matériau de base avec lequel quelque chose va pouvoir être construit. Que l’accompagnateur n’en imagine donc pas un autre : il serait irréel ! L’écoute doit être inconditionnelle. Même et surtout si elle est occasion d’ébranlement chez l’accompagnateur, elle est alors sans doute l’occasion, quasi inespérée, d’une pacification intérieure chez l’accompagné. Laisser sortir et s’exprimer par le créneau de notre discrétion : ainsi pourrait se décrire l’objectif de notre écoute.

  • La porte d’entrée de l’accompagnement est l’écoute. Comment cette attitude est-elle déjà mienne dans la manière dont j’accompagne les jeunes ?
  • Comme le suggère l’article, ai-je déjà été "ébranlé" par ce que j’ai pu entendre une fois ? Puis-je me redire ce qui s’était passé et comment je relis maintenant cette expérience ?
  • La dernière phrase décrit l’objectif de notre écoute. Cela rejoint-il ma pratique ?

Le courage de la lumière portée sur le champ de l’accompagné.

Lumière crue parfois, qui fait apparaître les différences entre points de vue, entre générations, entre systèmes de valeurs. Lumière donc qui ose dire ce qu’elle est et se permet la critique, de façon réfléchie et sereine si possible, et moyennant recul. Mais lumière seulement, qui respecte les différences et ne vise pas à convertir à tout prix et tout de suite. Lumière donc qui ne cherche pas à vouloir à la place de l’autre et qui ne se transforme pas insensiblement en directive. Aider à lire ce qui reste hermétique, à rassembler ce qui est dispersé, à identifier ce qui est caché, à détendre ce qui est bloqué : ainsi pourrait se décrire l’objectif de la lumière que nous projetons.

  • Lumière. Ce mot est le fil rouge de cette deuxième exigence. Quelle lumière ce mot produit-il sur mon expérience concrète d’accompagnement ?
  • L’attitude que pointe cette seconde exigence est le courage. Puis-je nommer quelques expériences où j’en ai fait preuve ou, au contraire, en ai manqué ?
  • La dernière phrase pointe sur les actions que permet la lumière que nous projetons. Comment cela rejoint-il ma manière d’accompagner ?

La patience, qui, comme le dit saint Paul, « ne s’irrite pas, ne cherche pas son intérêt, excuse tout, croit tout, espère tout, supporte tout » (1 Co 13,5-6).

À chacun son rythme, en effet : l’accompagnement ne consiste ni à trop tirer par devant ni à freiner par derrière. Il ne sert à rien de précipiter un choix qui n’est pas mûr, pas plus qu’il n’est bénéfique de laisser pourrir une décision bien prise. Être simplement le catalyseur d’une réaction qui n’est pas la nôtre et d’une décision qui ne nous appartient pas. Seule la bienveillance est vraiment féconde. Rejoindre, actualiser, et puis disparaître s’il le faut : ainsi pourrait encore se décrire l’objectif de notre patience désintéressée.

  • Après le courage, la patience. Comment est-ce que je vis concrètement ces deux attitudes dans l’accompagnement.
  • Le cœur du paragraphe pointe sur une attitude de démaitrise absolue. Puis-je repérer ce qui m’aide ou m’empêche à me tenir de cette façon dans l’accompagnement ?
  • Cette dernière exigence s’ouvre sur une citation biblique. Y aurait-il d’autres passages bibliques que j’associerais spontanément à l’attitude d’accompagnement ?