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Père Arturo SOSA SJ

2ème Intervention du Père Arturo SOSA SJ, Supérieur général de la Compagnie de Jésus A l’occasion de la naissance de l’EOF Namur, le 29 juillet 2017

Pourquoi ces trois interventions ?

Le Père général nous a fait l’amitié de sa présence pendant ces trois journée de rencontre de la naissance de l’EOF. Il m’a semblé intéressant de partager avec vous ce qu’il nous a confié. Voici sa 2ème intervention.

Bruno Tessier

Action de grâce pour le cadeau des Exercices Spirituels

Il est évident que les Exercices spirituels sont une grâce inouïe pour nous jésuites. Le discernement est un don précieux offert par Ignace qui fait partie de la vie apostolique de chacun, comme de celle du corps de la Compagnie. (CG 36 d.2 n°4) Mais les Exercices et la pratique du discernement ne nous sont pas réservés à nous jésuites. Il s’agit d’un bien commun de l’Eglise. Il n’y a pas d’un côté les jésuites qui maîtrisent les Exercices et qui sont les experts du discernement, et de l’autre nos collaborateurs qui profiteraient de notre expertise.

La Congrégation Générale a rédigé un deuxième décret consacré à la question du gouvernement dans la Compagnie – « un gouvernement renouvelé pour une mission renouvelée ». Ce décret commence par exprimer quelle est la manière de procéder propre aux jésuites, propre à la Compagnie de Jésus, une manière adaptée à notre époque. Trois points résument cette manière de procéder : le discernement, la collaboration et le travail en réseau. J’aimerais m’attarder au deuxième point. Vous êtes nombreux ici à ne pas être jésuites. Il est donc important que vous sachiez ce qu’on dit aux jésuites – pour que vous puissiez le leur rappeler, si d’aventure ils venaient à l’oublier.

La Compagnie ne pourra se développer qu’en collaboration avec d’autres, qu’en devenant la petite Compagnie collaboratrice. Nous voulons accroître la collaboration, et nous ne voulons pas simplement chercher d’autres personnes pour coopérer avec nous et dans nos œuvres ; il ne s’agit pas de chercher à nous accrocher à la position prestigieuse de ceux qui ont le dernier mot.

En terme de collaboration, les mots se cherchent, et dans chaque langue il y a ce défi de trouver les meilleures expressions de ce que nous cherchons à vivre, de ce que nous devons vivre : probablement le terme « partenaires » convient-il davantage que celui de « collaborateurs ». Si comme jésuites, nous voulons collaborer généreusement avec les autres – à l’intérieur et à l’extérieur de l’Eglise – c’est parce que nous partageons une mission qui ne vient pas de nous et qui n’est pas ʺnôtreʺ ; c’est la mission du Christ ! Et nous la partageons avec tant d’hommes et de femmes consacrés au service des autres. Dans le décret 1, au n°36 de la CG36 (c’est facile à retenir !) vous lirez : « La collaboration avec les autres est la seule façon pour la Compagnie de Jésus de remplir la mission qui lui est confiée ! »

Les structures changent : l’occasion de cette rencontre est la naissance d’une nouvelle Province. Il faudra vous apprivoiser mutuellement. Il faudra découvrir de nouvelles manières de travailler ensemble, entre jésuites, mais aussi jésuites et partenaires. Votre présence ici à Namur, vous les partenaires, est donc importante ! D’une part elle montre que notre engagement commun dans la mission du Christ est déjà réalité : vous n’avez pas attendu la 36ème CG, ni ma venue ici à Namur, pour que jésuites, laïcs, religieuses et religieux travaillent ensemble, que ce soit en Grèce, à Luxembourg, à Maurice, en Belgique ou en France ! Je prends donc acte de ce que vous réalisez déjà ensemble et je vous encourage à le poursuivre et à l’approfondir. D’autre part, je vous encourage à continuer à rappeler à temps et contretemps aux jésuites qu’ils doivent collaborer, qu’ils doivent travailler d’abord ensemble comme compagnons – et pas seuls dans leur coin –, mais surtout travailler avec vous !

Les Exercices spirituels expriment cet a-priori favorable, cette confiance fondamentale que Dieu peut se donner à toute personne, et qu’il le fait effectivement. Alors formons-nous ensemble, formons-nous les uns les autres à la liberté spirituelle, à l’indifférence, et au discernement de la volonté de Dieu. Ensemble il nous faut aider les jeunes à discerner leurs vocations. Le pape convoque un synode sur ce thème. Nous devons toutes et tous être conscients de notre responsabilité pour être à l’écoute des jeunes, disponibles pour les accompagner, pour les aider à expérimenter la joie de donner le meilleur d’eux-mêmes. Tout en respectant leur liberté – qui est fondamentale ! – ne craignons pas de leur dire aussi que la vocation jésuite est une belle vocation, une belle aventure au service de Dieu et des hommes ; ne craignons pas de leur dire que la vocation de religieux ou de religieuse peut combler une existence.