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1ère Intervention du Père Arturo SOSA SJ, Namur juillet 2017

1ère Intervention du Père Arturo SOSA SJ, Supérieur général de la Compagnie de Jésus A l’occasion de la naissance de l’EOF Namur, le 29 juillet 2017

Pourquoi ces trois interventions ?

Le Père général nous a fait l’amitié de sa présence pendant ces trois journée de rencontre de la naissance de l’EOF. Il m’a semblé intéressant de partager avec vous ce qu’il nous a confié. Voici sa 1ère intervention.

Bruno Tessier

Action de grâce pour la rencontre du Christ

Je suppose que chacun et chacune d’entre vous a eu la chance de faire l’expérience de rencontrer le Christ dans sa vie, que chacun et chacune a fait l’expérience de Dieu, et que cela l’a rempli(e) de joie !

Peut-être aimez-vous la Compagnie de Jésus ? Votre présence ici à Namur – amis, familles, collaborateurs, aux côtés de nombreux jésuites – me fait penser que c’est le cas. J’espère surtout que vous aimez Jésus Christ, j’espère que vous avez fait l’expérience de vous savoir aimés de lui, que vous êtes saisis par lui.

C’est le cas de tout compagnon de Jésus. Comment un homme pourrait-il consacrer sa vie – sa vie tout entière, sans mettre d’exclusive – si ce n’est parce qu’il a fait une rencontre bouleversante, une rencontre qui le saisit totalement !

En octobre dernier, nous vivions la 36ème Congrégation Générale ; vous avez pu suivre les travaux de cette rencontre grâce à internet et à une équipe de communication très active. Vous savez donc que le pape François nous a fait l’honneur de sa visite. Dans les jours qui précédaient cette rencontre, les membres de la Congrégation se demandaient ce que le Pape exprimerait : « Allait-il nous féliciter ? Allait-il nous ‘remonter les bretelles’ ? Allait-il faciliter la tâche de la Congrégation Générale, la tâche de discernement des priorités apostoliques, en nous donnant une mission claire et actualisée ? »

Rien de tout cela ! Il nous a surpris, en soulignant d’abord ce premier point : « demandez avec insistance la consolation à Dieu ! » Et il ajoutait : « La Bonne Nouvelle ne peut pas être annoncée avec un visage triste ». C’est d’abord à vous, compagnons jésuites, que je rappelle cette invitation de notre pape.

Avec Jésus Christ la joie naît et renait toujours. L’annonce et le partage de l’Evangile continuent d’être la raison de l’existence et de la mission de la Compagnie : que Jésus Christ soit connu, qu’il soit aimé en retour et que l’amour du Christ soit source de vie pour tous (CG 36 d.1 n°22). C’est notre désir le plus profond. Mais parfois c’est tellement profond, que cela semble enfoui !

Sachons sans cesse retourner au cœur de notre histoire sainte : là où le Christ nous a saisis. Certes notre vie est marquée par des blessures, elle est marquée par des échecs et par des chutes, mais Jésus Christ a posé son regard sur nous, il nous a révélé l’amour miséricordieux du Père. Il nous appelle, malgré ces blessures, malgré ces échecs, malgré les chutes. Telle la Bonne Nouvelle, l’Evangile que nous avons à annoncer autour de nous, et spécialement aux jeunes et aux familles ! Il est évident qu’une telle annonce n’est pas possible avec un visage triste.

Cette insistance sur la joie de l’Evangile, sur la joie qu’offre l’Evangile, est particulièrement importante de nos jours. Tous nous sommes conscients des crises que traverse notre monde. En fait, il y a une crise unique, qui sous-tend les nombreuses crises sociales et environnementales. Le pape François en a abondamment parlé dans son encyclique Laudato si. Le risque des crises c’est qu’elle sape notre espérance et la joie que Dieu proclame. Or « nous avons plus que jamais besoin d’apporter un message d’espérance, né de la consolation de notre rencontre avec le Seigneur ». (CG 36 décret 1 n°32)

Je termine par deux remarques :

• D’abord je souligne l’importance de la conversation spirituelle, dans nos communautés jésuites, dans nos familles, dans nos communautés – beaucoup d’entre vous en font l’expérience régulière, par exemple dans des CVX. Cette conversation spirituelle a été, elle aussi, une expérience importante de notre Congrégation Générale. Me mettre à l’écoute de ce que je ressens au plus profond de moi ! Oser l’exprimer et le partager avec mes frères et sœurs. Nous mettre à l’écoute les uns les autres, dans un respect mutuel infini, où chacun se dit, sans être jugé, sans être enfermé dans une catégorie. Vivre de la confiance que l’Esprit de Dieu se dit, se donne à écouter dans nos paroles échangées en confiance. La conversation spirituelle est un outil réel pour nous ouvrir à la consolation spirituelle. Vous venez – je l’espère – de le vivre dans le temps de carrefours.

• Et deuxième remarque : revenir à la joie fondamentale de nous savoir aimés, pardonnés et appelés, c’est le moteur de nos engagements les plus audacieux. Expérimenter la joie nous permet d’écouter les appels de Dieu et d’y répondre, nous permet en particulier de vivre plus simplement avec moins, nous permet d’avoir l’audace de choisir de vivre plus simplement, pour que d’autres puissent simplement vivre.